Deal

Création du 10 au 14 décembre 2019 à La Comédie de St-Etienne, CDN


Teaser réalisé par © Olivier Marchon.

« Deal » consacre le duo imaginé en co-signature entre Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde. Ensemble, ils font vœu d’une écriture qui partirait du corps et qui tendrait vers une oralité.
 « Deal » s’empare de la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès.
Imaginer que l’écrit et les intentions d’une œuvre théâtrale peuvent se cristalliser dans des corps en mouvement ; de même que la physicalité des corps puisse révéler l’intensité contenue dans la langue de ce texte singulier.

« Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut, dans des espace neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs par entente tacite, signes conventionnels ou conversation à double sens – dans le but de contourner les risques de trahisons et d’escroquerie qu’une telle opération implique… »
Cette didascalie qui ouvre Dans la Solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès introduit le principe même de ce projet situé à la frontière de plusieurs disciplines artistiques. Un mot donc pour point de départ : "deal" comme un échange avec l’autre, comme un défi lancé, comme une affaire à traiter, comme un challenge à relever mais aussi comme un round à tenir. Les deux interprètes, Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde approchent le mouvement entre l’acrobatie et la danse, le texte comme un prolongement de leur corps. Ils investissent les figures du Client et du Dealer, pour nous proposer une interprétation tout en volutes, en affrontements et en sueur. Ce que ce duo charrie de défis, de quête de l’autre, de violence et de tendresse engage les deux danseurs dans des variations inouïes, encadrées par un dispositif scénographique en quadri-frontal.

 PRESSE

« […] Une œuvre labyrinthique, parfois à la frontière de l’expérimental, qui se décompose, en fin de compte, en un ensemble de tissus hybrides, pour le meilleur de son étoffe finale.
Mention spéciale ici à la création lumière de Jérémie Cusenier, quelque part entre le confort de la source traditionnelle et le monde extérieur enserrant le quadrifrontal (lampes d’éclairage public au sodium, gobos glauques) : en se concentrant sur l’imaginaire de la source elle-même plutôt que sur sa reproduction colorimétrique toujours artificielle, elle floute les repères naturalistes avec une aisance remarquable (presque pas de faces, nombreuses lumières médiates…). La lumière aura d’ailleurs le dernier mot, accouchant d’une image terrifiante lors d’un entre-salut – de celles qui émeuvent la salle tout entière par-delà le spectacle représenté. Décidément, « Deal » est un spectacle qui se bonifie jusqu’à la dernière seconde. »
I/O article publié le 18/02/20 par Victor Inisan


« Koltès en 4 -ème dimension !
L'immense talent de ces deux artistes ne s'annule pas au plateau, au contraire il se démultiplie. Mais pas dans le domaine attendu de la performance, ils culminent ensemble dans ce qui les distingue : l'abolition des genres et l'imbrication des arts. Le texte de Koltès prend ici une autre dimension mettant l'accent sur la rencontre, plus que sur le deal marchand.
Deal parle de la teneur d'une rencontre, de ce qui la provoque, la définie, l'alimente, elle est mise à jour dans une approche instinctive charnelle organique que les mots sublimes de Koltès percutent, saisissants au vol la fragilité de son couronnement, la fragrance de sa nature...
Les deux circassiens ne jouent pas aux comédiens, nous n’en sommes plus là cela fait bien longtemps que le cirque a pris la parole, Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde expriment ce qui est l'essence même de cet art : l'indiscipline poussé à l'extrême de l'interdisciplinarité.
Tout est lignes, courbes, trajectoires, empêchements, cassures brusques comme des tableaux pris sur le vif d'une recherche de plateau. Tout est ailleurs dans le rendez-vous fugace entre la beauté et le geste, la poésie et le son, l’immensité et la lumière…
Deal est une écoute de soi, de l’autre, du monde… »
Par Marie Anezin, journaliste. Le 5/02/20



D'après la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès

Conception, chorégraphie et interprétation : Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde
Création musicale : Jefferson Lembeye
Création lumière : Jérémie Cusenier
Collaboration à la dramaturgie : Fabrice Melquiot
Collaboration artistique : Mélanie Maussion
Conception et réalisation de la scénographie : Vincent Gadras
Construction de la scénographie : Les Ateliers du Grand T, Scène nationale de Nantes
Costumes : Charlotte Gillard
Régie générale : Julien Lefeuvre
Chant : « Fiore di acqua » de Jean-Claude Acquaviva
Régie son : Jefferson Lembeye ou Manu Pasdelou
Régie lumière : Julien Lefeuvre ou Jérémie Cusenier
Stagiaire assistante lumière : Johanna Thomas
Conseil diffusion sonore : Patrice Guillerme
Photographe : Benoît Thibaut
Administration, production : Christophe Piederrière


Production Association W
Coproductions, soutiens
Ministère de la culture - DRAC de Bretagne / Direction Générale de la Création Artistique - Ministère de la Culture / Région Bretagne / Ville de Rennes, Ville de Saint-Herblain, Théâtre Onyx, Scène conventionnée de Saint-Herblain (44) / Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France (93) / CCN2, Centre Chorégraphique National de Grenoble (38) / Théâtre La Passerelle, Scène nationale de Gap et des Alpes du sud (05) / Le Triangle, cité de la danse à Rennes (35) / Les Tombées de la Nuit, Rennes (35) / La Comédie de Saint-Etienne, CDN (42) / Maison de la musique de Nanterre, Scène conventionnée (92) / Agora, Pôle National Cirque Boulazac-Aquitaine (24).

Cette création artistique a bénéficié d’une aide à la production dans le cadre du projet IN SITU ACT, cofinancé par le programme Europe Créative de l’Union européenne.

Avec soutien de la SACD / Processus Cirque.
Accueil en résidence au 783 / Nantes dans le cadre du partenariat avec la Compagnie 29x27 - SEPT CENT QUATRE VINGT TROIS et à la salle Guy Ropartz / Rennes.

Remerciements à Arnaud Meunier et l’équipe de la Comédie de Saint-Etienne, à Gaëlle Lecareux et l’équipe du Théâtre ONYX / Saint-Herblain, à François Koltès et Florence Doublet, à François Verret – Cie FV et à Myriam Djemour pour la répétition du chant.